C'est dans les jardins de La Mamounia que s'est tenue, du 6 au 8 mars, la Convention Nationale 2026. Trois journées rythmées par les travaux des commissions, les ateliers de Compagnons et les cérémonies qui scellent l'année écoulée comme celle qui s'ouvre.
Plus de deux cents délégués, venus des quatre Tables du Royaume et de plusieurs délégations internationales, ont fait le déplacement. Dans une atmosphère à la fois studieuse et fraternelle, chacun est venu défendre les projets de sa Table et prendre part aux grandes orientations du Cercle.
Dès la séance d'ouverture, le ton était donné : une convention de travail, plus que de représentation. Les délégués avaient reçu, plusieurs semaines à l'avance, les rapports des commissions afin que chaque débat parte d'un socle commun et que le temps de l'assemblée soit consacré aux arbitrages, non à la découverte des dossiers.
Une feuille de route resserrée
Les délégués des Tables du Royaume ont adopté une feuille de route resserrée autour de trois priorités : l'essaimage de nouvelles Tables, la formation des jeunes Compagnons et le renforcement des actions de service au profit des communautés locales.
Chaque Table s'engage à parrainer au moins un projet d'intérêt général sur l'année, et à ouvrir ses portes lors de soirées de découverte destinées aux candidats pressentis.

Les commissions ont également planché sur la gouvernance interne. Un nouveau cadre de mentorat reliera désormais chaque jeune Compagnon à un aîné, afin de transmettre l'esprit du serment au-delà des seuls statuts. La mesure, attendue de longue date, a été saluée par une large majorité de l'assemblée.
La question du rythme des Tables a, elle aussi, occupé une bonne partie des échanges. Faut-il privilégier la croissance rapide, quitte à diluer l'esprit du mouvement, ou avancer prudemment, Table après Table ? La Convention a tranché pour la seconde voie : mieux vaut une Table solide qu'une enseigne de plus.
Le service au cœur des débats
Si la Table Ronde cultive l'amitié, c'est le service qui en demeure le moteur. Les délégués ont passé en revue les actions menées l'an dernier : campagnes de don du sang, soutien scolaire dans les quartiers, rénovation d'un dispensaire à Tanger, parrainage d'orphelinats.
Pour 2026, l'ambition est de fédérer ces initiatives autour d'un programme national commun, tout en laissant à chaque Table la liberté d'agir au plus près de son territoire. Un fonds de solidarité inter-Tables a été voté pour amplifier les projets les plus ambitieux.

Plusieurs Tables ont présenté leurs projets phares. Casablanca a détaillé son partenariat avec un réseau d'écoles de quartier ; Rabat, son programme d'accompagnement de jeunes diplômés ; Marrakech, la rénovation d'un centre d'accueil. Autant d'exemples qui ont nourri les discussions et inspiré les délégations les plus récentes.
Transmettre, former, accueillir
La formation des Compagnons s'impose comme le chantier de l'année. Un cycle d'ateliers — prise de parole, conduite de projet, gestion associative — sera proposé à toutes les Tables, animé par des aînés et, ponctuellement, par des intervenants extérieurs.
L'accueil des nouveaux candidats a fait l'objet d'une attention particulière. Les délégués ont rappelé qu'on n'entre pas à la Table Ronde par cooptation distraite, mais au terme d'un parcours de découverte où l'on apprend à se connaître, de part et d'autre, avant tout engagement.

Une fraternité au-delà des frontières
Les délégations internationales présentes ont rappelé que la Table marocaine s'inscrit dans un réseau mondial. Des échanges de jumelage ont été esquissés avec des Tables européennes et africaines, ouvrant la voie à des visites croisées et à des projets de service partagés.
« Ce qui nous lie n'est pas une organisation, c'est un serment », a résumé un délégué étranger, sous les applaudissements. La phrase a, d'une certaine manière, donné le la de la cérémonie de clôture.
Le serment, encore et toujours
Au-delà des décisions opérationnelles, la Convention a rappelé l'esprit qui fonde le Cercle : « adopter, adapter, améliorer ». Les cérémonies de clôture ont vu l'intronisation de quatorze nouveaux Compagnons, sous le regard des anciens.

Rendez-vous est pris pour la prochaine assemblée, qui se tiendra dans une ville encore tenue secrète — fidèle à la tradition d'un mouvement qui aime cultiver la surprise autant que la fidélité.

